Le Chimborazo à petit budget : notre ascension à 5100m sans se ruiner !
Récit d'AventureÉquateur

Le Chimborazo à petit budget : notre ascension à 5100m sans se ruiner !

⏱️ 9 min de lecture

Découvrez comment nous avons organisé notre ascension du volcan Chimborazo – le point de la Terre le plus proche du soleil – en totale autonomie et à tout petit prix (moins de 10 $ pour deux !) ! Du trajet en bus local au stop dans la benne d'un pick-up, on vous partage toutes nos astuces pour atteindre 5100 mètres d'altitude sans se ruiner. Au programme de cet article : nos conseils pour gérer le mal de l'altitude, les bienfaits du thé de coca, l'effort physique et nos belles rencontres imprévues sur la route. Une vraie aventure inoubliable ! Alors, cap ou pas cap de grimper au plus près du soleil avec nous ?

Le fameux Chimborazo

S'approcher du point le plus éloigné du centre de la Terre, ça vous tente ? Eh oui, petite parenthèse géographique : on dit souvent que le Chimborazo est plus haut que l'Everest ! Comment est-ce possible alors qu'il culmine à 6263 mètres au-dessus du niveau de la mer (contre 8848m pour l'Everest) ? C'est simple : la Terre n'est pas une sphère parfaite, elle est légèrement bombée au niveau de l'équateur. Le Chimborazo étant situé presque sur la ligne équatoriale, son sommet est le point de la surface terrestre le plus éloigné du noyau.

Résultat : en pleine journée, c'est l'endroit sur Terre le plus proche du Soleil !

🌍 La Terre n'est pas tout à fait ronde : l'explication visuelle !

📊 Le match en chiffres : Chimborazo VS Everest

Pour bien comprendre la différence, il faut regarder les mesures sous deux angles différents : l'altitude classique (depuis le niveau de la mer) et la distance depuis le noyau terrestre.

Critère de mesure

🌋 Le Chimborazo (Équateur)

🗻 Le Mont Everest (Népal)

🏆 Le Gagnant

Altitude depuis le niveau de la mer

6 263 mètres

8 848 mètres

Everest

Position sur le globe

Sur l'Équateur (zone bombée)

À 28° de latitude Nord

-

Distance depuis le centre de la Terre

6 384,4 km

6 382,6 km

Chimborazo

💡 Source des données : Ces mesures ont été confirmées officiellement lors d'une expédition scientifique franco-équatorienne menée en 2016 par l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et l'Institut Géographique Militaire d'Équateur. Grâce à un GPS ultra-précis placé au sommet du Chimborazo, ils ont pu prouver qu'il battait l'Everest de près de 1,8 kilomètre dans la course aux étoiles !

Place à l'aventure : comment s'y rendre sans se ruiner ?

Souvent, les agences proposent des tours organisés assez coûteux pour s'y rendre. Mais devinez quoi ? Il est tout à fait possible d'y aller par soi-même, de vivre une véritable aventure et de réduire les coûts au strict minimum. On vous raconte notre ascension et on vous donne toutes nos astuces pour le faire en mode petit budget.

Étape 1 : Le bus et l'entrée (gratuite !) de la réserve

Pour commencer cette journée, direction le terminal de bus de Riobamba. Pas besoin de réserver un chauffeur privé : nous avons pris un bus de la compagnie Flota Bolivar.

  • Le prix : 7,50 $ pour nous deux. Difficile de faire moins cher !

Après une bonne heure de trajet, le chauffeur nous dépose au bord de la route, devant l'entrée de la réserve de production faunique du Chimborazo.

Bonne nouvelle : l'entrée est totalement gratuite ! En revanche, vous avez l'obligation absolue de vous enregistrer au guichet d'accueil en présentant vos passeports. Pourquoi ? C'est une simple (mais vitale) question de sécurité. Les gardes du parc doivent savoir exactement qui se trouve sur le volcan. En cas de changement brusque de météo ou de problème de santé, ils vérifient que tout le monde est bien redescendu avant la fermeture.

Étape 2 : L'astuce en or, le stop pour monter au premier refuge

Depuis l'entrée jusqu'au premier refuge, il y a 8 kilomètres de montée. Pour économiser nos forces, on a opté pour le stop. On lève le pouce... et à peine deux secondes plus tard, bingo ! Un pick-up s'arrête. Nous grimpons à l'arrière, dans la benne, et on se fait une petite place au milieu des vélos. On s'accroche bien, car au début, le vent souffle extrêmement fort. Cette petite virée improvisée nous dépose directement au refuge Hermanos Carrel, à 4800 mètres d'altitude.

Pour vous donner une idée, chers lecteurs français : en descendant de ce pick-up, nous sommes déjà à l'altitude du sommet du Mont Blanc ! Sauf qu'ici, ce n'est que le point de départ de notre marche.

Le saviez-vous ? Le piège de la montée en voiture ! On pourrait croire que faire du stop pour monter les 8 kilomètres jusqu'au refuge nous a préservés. En réalité, grimper de plus de 400 mètres de dénivelé en quelques minutes à bord d'un pick-up est un véritable choc pour l'organisme ! Contrairement à la marche où le corps s'adapte progressivement au manque d'oxygène, la voiture impose une chute de pression brutale alors que le corps est au repos. Résultat ? À l'instant même où l'on pose le pied à terre, le cerveau réalise qu'il manque d'air. C'est exactement pour cela que nous avions les jambes coupées sans avoir fait un seul pas.

Étape 3 : Le mal de l'altitude, le thé de coca et les précieux conseils de santé

À peine descendus, le constat est sans appel : nous sommes déjà essoufflés alors que nous n'avons pas fait un seul pas. On décide de rentrer dans le refuge pour s'acclimater un peu et boire un thé de coca (mate de coca). C'est le remède local pour s'hydrater et lutter contre le mal des montagnes (le fameux soroche).

Mate de coca

🌿 Petite parenthèse : le secret des feuilles de coca

Mais d'où vient cette plante et pourquoi est-elle si prisée en altitude ?

Feuilles de coca
  • Où les trouve-t-on ? La coca est un arbuste endémique de la cordillère des Andes. Elle pousse principalement sur les hauts plateaux et les vallées du Pérou, de la Bolivie, de l'Équateur et de la Colombie.

  • Pourquoi ça marche ? Ses feuilles contiennent des alcaloïdes naturels qui agissent comme un stimulant très doux pour l'organisme. Qu'elles soient mâchées (comme le font les guides locaux) ou infusées dans de l'eau chaude, elles aident à dilater les voies respiratoires et les vaisseaux sanguins. Résultat : une meilleure oxygénation du sang, une réduction de la fatigue, et un soulagement immédiat des nausées et des maux de tête liés à l'altitude. Une vraie potion magique naturelle !

Un conseil d'or : prenez toujours le temps de vous asseoir et de boire un thé au refuge après une montée motorisée pour laisser le temps à votre corps de comprendre où il se trouve !

🩺 Le point santé : écouter son corps en altitude

Avant de se lancer dans une telle ascension, il faut être préparé. Nous avions bien en tête les recommandations de "Docteure Cécile" et de "grande sœur Alice", qui ont déjà l'expérience de la haute altitude et nous avaient briefés sur les signaux d'alerte.

Avant de monter, la préparation est clé :

  • L'acclimatation est reine : Ne passez pas du niveau de la mer à 4800m d'un coup. Passez quelques jours à des altitudes intermédiaires (comme Riobamba).

  • L'hydratation +++ : Il faut boire énormément d'eau, bien plus qu'en temps normal. Dans nos sacs, nous avions prévu plusieurs bouteilles d'eau, sans oublier bien sûr notre super gourde filtrante Öko qui ne nous quitte jamais !

  • Manger léger mais énergétique : Pas de gros repas lourds à digérer avant de grimper. Nous avions pris de quoi nous faire des sandwichs pour le repas, et surtout les fameuses Pom'Potes (la base !) pour avoir un petit coup de boost rapide pendant l'effort.

  • La crème solaire, votre meilleure amie : N'oubliez pas d'en tartiner une bonne couche (indice 50) ! Gare aux coups de soleil, même s'il fait froid. En étant sur le point le plus proche du soleil, les rayons UV ne pardonnent pas.

Les signaux d'alerte sur place : Le manque d'oxygène peut vite devenir dangereux. Il faut prêter attention aux maux de tête violents (qui ne passent pas avec un antalgique), aux nausées intenses, aux vertiges, ou à un rythme cardiaque qui refuse de redescendre même au repos.

Quand faut-il s'arrêter ? C'est la règle d'or de la montagne : si on ressent l'un de ces symptômes de manière prononcée, on ne force pas, on redescend immédiatement. L'orgueil n'a pas sa place face à l'altitude. La montagne sera toujours là demain.

Étape 4 : L'ascension, un pas après l'autre

C'est l'heure de se lancer. Mais très vite, la réalité nous rattrape. L'essoufflement est intense. Moi (Audrey), j'ai littéralement la sensation d'avoir les jambes qui se coupent. On applique la technique classique : on s'arrête quelques minutes, on se sent mieux, on repart... et 5 mètres plus loin, on est de nouveau totalement essoufflés !

Audrey en pleine pause pour reprendre son souffle

À 4888 mètres (coucou le Mont Blanc !), je décide d'écouter mon corps et les conseils de nos expertes : je m'arrête là. Je dis à Gilles de continuer et que je l'attendrai plus bas. Il pensait marcher encore un tout petit peu... et finalement, porté par l'adrénaline, il a continué son ascension jusqu'au refuge Whymper, perché à 5000 mètres, avant de pousser l'effort ultime jusqu'au Condor Cocha, à 5100 mètres d'altitude ! Un super bel exploit pour une première.

Étape 5 : Retour poussiéreux et rencontre adorable

Une heure plus tard, Gilles réapparaît. Le temps de redescendre au parking, on refait du stop. Un autre pick-up nous prend dans sa benne. Résultat : on s'est pris tout le vent et la poussière en pleine face !

De retour à l'entrée de la réserve, on attendait un bus. Finalement, une voiture s'arrête et un couple nous propose de nous déposer directement à Riobamba. Ils étaient adorables : ils nous ont acheté à boire, des petits chocolats... et une espèce de caramel avec un goût très particulier ! Mais ils étaient tellement sympathiques qu'on a fait un grand sourire en faisant comme si c'était délicieux 🙃.

Le contrecoup à Riobamba et la suite du voyage !

De retour en ville, l'altitude nous a quand même rattrapés : nous avions tous les deux très mal à la tête. Nous avons appliqué le plan de secours : hydratation à fond, et un Doliprane pour Audrey.

Pour nous remettre de nos émotions, nous sommes allés dans le célèbre Parc Guayaquil (Parque Infantil) en plein centre-ville, où de petits stands de nourriture permettent de trouver de quoi se restaurer au milieu des familles et des jeux pour enfants. Le soir même, la douleur s'estompait déjà et nous allions beaucoup mieux !

Le lendemain, après une excellente nuit de repos, nous étions de nouveau d'attaque pour de nouvelles aventures. On a fait nos sacs, direction notre prochaine étape !

Un petit indice sur notre future destination ? C'est une ville luxuriante, considérée comme la porte d'entrée de l'Amazonie équatorienne. Elle est réputée pour ses dizaines de cascades vertigineuses, ses bains thermaux relaxants et... une fameuse balançoire qui donne l'impression de s'envoler au bout du monde. Vous l'avez ? Allez, on vous en dit plus très vite dans le prochain article : direction Baños !

💡 Notre récap budget (pour 2 personnes)

  • Bus aller (Flota Bolivar) : 7,50 $

  • Entrée de la réserve : Gratuit (enregistrement au passeport)

  • Trajet Entrée -> Refuge (et retour) : Gratuit (Stop)

  • Thé de coca au refuge : 2$

  • Retour Riobamba : Gratuit (Covoiturage chanceux)

  • TOTAL : Moins de 10 $ pour deux personnes !

Une expérience inoubliable, des paysages lunaires grandioses et la preuve qu'avec un peu de débrouillardise, on peut se rapprocher du soleil à moindre coût !

Et vous, avez-vous déjà testé la haute altitude ou rêvez-vous de tutoyer le sommet du Chimborazo ? Racontez-nous vos expériences (et vos galères de souffle !) en commentaire, on a hâte de vous lire ! 👇

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