Potosí : Plongée dans l'histoire de la ville impériale et de sa montagne d'argent
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Potosí : Plongée dans l'histoire de la ville impériale et de sa montagne d'argent

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Étape de transition vers le Salar d'Uyuni, Potosí dévoile ici ses deux visages : la splendeur de son héritage colonial et la sombre réalité de sa montagne d'argent. Au fil d'anecdotes et de conseils pratiques sur la ville, l'article propose une vraie réflexion éthique sur la visite des mines du Cerro Rico, un lieu chargé d'histoire où perdurent des conditions de travail tragiques.

Après notre passage à Sucre, nous avons pris la route vers une ville mythique, perchée à plus de 4 000 mètres d'altitude : Potosí. Étape incontournable de notre voyage avant de rejoindre le célèbre Salar d'Uyuni, Potosí est une ville qui marque par son histoire vertigineuse, entre richesse coloniale et tragédie humaine. Retour sur notre après-midi et notre nuit dans celle qui fut, un temps, la ville la plus riche du monde.

Arrivée mouvementée et installation à Potosí

Nous sommes partis du terminal de bus de Sucre avec la compagnie Turismo Imperador. Le trajet nous a coûté 2,52 € par personne (35 Bolivianos), auxquels il faut ajouter une petite taxe de gare de 0,43 € pour nous deux (6 Bolivianos).

Une fois déposés un peu à l'extérieur du centre-ville, l'accueil est... brut de décoffrage ! C'est un défilé incessant de camions dans un nuage de poussière. On a rapidement tenté de trouver un taxi pour fuir l'agitation et rejoindre notre hébergement. La course jusqu'à notre hôtel nous a coûté 1,44 € pour deux (20 Bolivianos).

Où dormir à Potosí ? Nous avons posé nos sacs à l'Hostal La Casona Potosi pour 14,40 € la nuit (200 Bolivianos), avec salle de bain privative et le petit-déjeuner compris. 

Une petite anecdote conseil :  les avis sur cet hôtel sont très mitigés, donc n'hésitez pas à demander de voir la chambre avant de payer. Pour notre part, cela convenait pour une nuit d'étape, mais les draps tachés et troués mériteraient cependant d'être renouvelés !

Après avoir déposé nos affaires, la faim commençait à se faire sentir. Nous avons déjeuné au Ramen Sushi Bar, une petite pause asiatique bien méritée pour 6,33 € à deux (88 Bolivianos).

Le centre historique : Un héritage éblouissant

Une fois le ventre plein, nous sommes partis explorer le centre-ville et nous avons été agréablement surpris par sa beauté. Potosí conserve un patrimoine architectural baroque et colonial exceptionnel.

Un peu d'histoire : La folie de l'argent 

Au XVIe siècle, la découverte d'immenses gisements d'argent dans la montagne qui surplombe la ville, le Cerro Rico  ("la montagne riche"), a transformé Potosí. En quelques décennies, elle est devenue l'une des villes les plus peuplées et les plus riches du monde. L'expression "C'est un Pérou" se disait d'ailleurs "Vale un Potosí" (Ça vaut un Potosí) pour désigner une fortune inestimable !

Autour de la Plaza 10 de Noviembre

Le cœur de la ville s'articule autour de la grande place principale, un très beau parc arboré et animé où les habitants aiment se retrouver.

C'est juste en face de ce parc que se dresse la Cathédrale Basilique Notre-Dame-de-la-Paix.

Pourquoi la visiter ? Si son immense façade en pierre en impose déjà depuis la place, y entrer vaut vraiment le coup. L'intérieur dévoile de superbes décors, des autels richement ornés et une architecture majestueuse qui témoignent de l'ancienne grandeur de la ville. Mais le vrai point fort de la visite, c'est l'accès à son clocher ! Après avoir grimpé les marches, on se retrouve sur le toit de la cathédrale. De là-haut, on profite d'une vue panoramique spectaculaire à 360 degrés sur tous les toits de Potosí avec le fameux Cerro Rico en toile de fond. C'est le meilleur spot de la ville pour faire de belles photos. L'entrée nous a coûté 1,80 € par personne (25 Bolivianos).

En flânant dans les rues alentour, on croise d'autres pépites architecturales. Nous sommes passés devant le superbe théâtre de la ville (le théâtre Modesto Omiste, qui est en fait une ancienne église réhabilitée) et d'autres églises coloniales impressionnantes. Outre la célèbre San Lorenzo, connue pour sa façade sculptée incroyablement détaillée, Potosí regorge d'édifices religieux majestueux comme les églises de San Bernardo, de San Agustín ou encore de San Francisco.

Théâtre Modesto Omiste

Le charme des ruelles pavées

Au-delà de ses grands monuments, le véritable charme de Potosí se révèle quand on s'éloigne un peu des artères principales. N'hésitez pas à vous perdre dans le dédale de ses petites rues pavées, souvent très pentues ! Bordées de jolies maisons coloniales aux façades colorées, ces ruelles pittoresques sont un régal pour les yeux. Pensez à lever la tête au fil de votre promenade : vous pourrez admirer de superbes balcons en bois sculpté, témoins de l'opulente architecture de l'époque. Une balade qui donne vraiment l'impression de remonter le temps.

L'effervescence du grand marché

Nous avons également profité de l'après-midi pour faire un tour au marché local. Et quel marché ! Il est immense et grouille de vie, s'étendant sur plusieurs rues et bâtiments. On s'y perd volontiers au milieu d'un labyrinthe d'étals colorés : des montagnes de fruits et de légumes andins (les fameuses pommes de terre de toutes les couleurs), des stands de jus fraîchement pressés, de viandes, et de petites cantines populaires où les locaux mangent des soupes fumantes. C'est le meilleur endroit pour prendre le pouls de la ville et observer le quotidien des habitants.

Le Cerro Rico : Faut-il visiter les mines ?

Le lendemain matin, avant de prendre notre bus pour Uyuni, nous avons longuement hésité à visiter les mines du Cerro Rico. C'est l'attraction "phare" de la ville, mais elle pose de vrais cas de conscience.

Le drame humain derrière la richesse

Si la mine a fait la fortune de l'Espagne grâce à l'argent, elle a été un véritable enfer pour les travailleurs. Des millions d'indigènes y ont perdu la vie. Aujourd'hui, si les plus grands filons d'argent sont épuisés au profit du zinc et du plomb, les mineurs des coopératives creusent encore dans l'espoir de trouver l'argent qui changera leur vie. Malheureusement, les conditions restent d'un autre temps : chaleur suffocante, poussière toxique, dynamite... L'espérance de vie des mineurs y est dramatiquement basse.

Et les enfants, y travaillent-ils ?

C'est la question que l'on se posait, et la réponse est malheureusement oui. Bien que ce soit officiellement interdit par la loi, la pauvreté extrême pousse encore aujourd'hui des adolescents, voire de jeunes enfants, à travailler dans les galeries ou aux abords de la mine pour aider leur famille à survivre. C'est une réalité déchirante.

La visite : le pour et le contre

  • Les prix : Il faut compter entre 7,20 € et 10,80 € (100 à 150 Bolivianos) pour une visite guidée.

  • Les points positifs : C'est une plongée choc et sans filtre dans la réalité du pays. On en apprend beaucoup sur les croyances locales (comme El Tío, le diable protecteur de la mine) et cela apporte un revenu aux ex-mineurs qui guident les touristes.

  • Les points négatifs : C'est physiquement éprouvant et on peut ressentir un fort malaise éthique à faire du "tourisme" en regardant des hommes (et parfois des plus jeunes) s'épuiser à la tâche dans des conditions périlleuses.

Nous avons finalement décidé de passer notre tour, préférant garder en mémoire l'animation du marché et la beauté du centre historique.

Le retour d'expérience d'Anabelle et Frédéric

Voici toutefois le récit d'Anabelle et Frédéric, le couple de Québécois avec qui nous allons partager notre excursion dans le Salar d'Uyuni. Eux ont fait le choix de s'y rendre et ont été guidés par un mineur nommé David. Vêtus de leurs habits de mineurs, ils sont descendus à plus de 1 000 mètres de profondeur, devant parfois grimper et s'aider de cordes dans des tunnels sombres, étroits et où l'oxygène manquait cruellement. L'expérience a été un véritable choc. Ils ont été bouleversés par les conditions horribles dans lesquelles travaille David, respirant des poussières toxiques six jours par semaine au péril de sa vie, dans le seul espoir de trouver un filon pour améliorer son quotidien. Cette visite éprouvante leur a donné une toute autre perspective sur ce qui se cache derrière les richesses que nous consommons.

Si vous restez plus longtemps : d'autres idées de visites

Notre passage a été de courte durée, mais si vous avez la chance de rester plus longtemps, la ville et ses environs offrent d'autres très belles découvertes :

  • La Casa de la Moneda : L'ancien Hôtel de la Monnaie est le musée le plus important de la ville, parfait pour comprendre comment l'argent était transformé en pièces pour financer l'Empire espagnol. Prix de l'entrée : environ 3,04 € (40 Bolivianos).

  • Le Couvent Santa Teresa : Un lieu fascinant, un peu figé dans le temps, pour découvrir la vie très stricte des religieuses à l'époque coloniale. Prix de l'entrée : environ 2,28 € (30 Bolivianos).

  • Les eaux thermales de l'Ojo del Inca (Tarapaya) : À une trentaine de minutes de la ville, ce grand bassin naturel d'eau volcanique, parfaitement rond, est idéal pour se détendre au milieu des paysages andins.

Comment s'y rendre : Il faut prendre un collectivo (minibus) depuis le marché Chuquimia. Le trajet dure environ 30 à 40 minutes et coûte 0,38 € (5 Bolivianos) l'aller. L'accès au bassin coûte environ 1,14 € (15 Bolivianos).

  • Les lagunes de Kari Kari : D'immenses lacs artificiels construits au XVIe siècle par les Espagnols pour faire fonctionner les moulins de la ville. Une belle randonnée en perspective !

Comment s'y rendre : L'accès aux sentiers est gratuit. Vous pouvez prendre un micro (bus local) depuis le centre-ville (environ 0,15 € / 2 Bolivianos) pour vous rapprocher du point de départ ou y aller à pied, mais attention à l'altitude (on frôle les 4 500 mètres !).

Une soirée improvisée

Le soir venu, nous avions repéré le restaurant Tambo Senorial, mais pas de chance, il était fermé ! Nous nous sommes rabattus sur la Pizzeria Il Mondo. Et grand bien nous en a pris ! Outre les bonnes pizzas, le vrai luxe de cet endroit, c'est qu'il y faisait bien chaud à l'intérieur. À plus de 4 000 mètres d'altitude, dès que le soleil se couche, les températures chutent drastiquement.

Pizzeria Il Mondo

Le lendemain, c'était déjà l'heure du départ. Potosí n'était qu'une étape de passage pour nous : nous reprenions un bus direction Uyuni, prêts pour 4 jours d'expédition magique dans le Salar !

Et vous, avez-vous déjà visité une ville perchée si haut en altitude ? Face au dilemme de la mine du Cerro Rico, auriez-vous fait le même choix que nous, ou auriez-vous tenté l'expérience comme Anabelle et Frédéric ? Dites-nous tout en commentaire, on a hâte de lire vos retours !

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Commentaires (1)

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MN

Marie Noel

J'aurai fait comme vous pas de visite de la mine.