Quito : Notre étape express, de la gare au cœur colonial
Récit d'AventureÉquateur

Quito : Notre étape express, de la gare au cœur colonial

⏱️ 11 min de lecture

Voici le récit de notre passage dans la capitale équatorienne : Quito. Une étape rythmée par les transports, une logistique bien ficelée, de belles découvertes culinaires et une flânerie libre dans le plus beau centre historique d'Amérique du Sud. On vous raconte !

Le trajet : de Latacunga à Quito et préparation de la suite

Nous avons pris un bus au départ de Latacunga en matinée. Le trajet ne nous a coûté que 3$ par personne pour environ 1h30 à 2h00 de route (le réseau de bus équatorien est décidément très régulier et efficace).

Bus Latacunga -> Quito

Arrivés à la gare centrale au sud de Quito, nous avons plongé dans la modernité de la ville en empruntant le tout nouveau métro (la ligne 1) jusqu'à la place San Francisco, en plein centre-ville. Côté budget, c'est imbattable : 0,90$ pour nous deux, soit seulement 0,45$ par personne pour traverser une bonne partie de la capitale sous terre !

Comme notre passage à Quito n'était qu'une courte étape de transition, nous avons profité d'être à la gare pour acheter aussitôt nos billets de bus de nuit en direction de Puerto Lopez, sur la côte pacifique. Le départ est fixé au lendemain à 19h00 pour un tarif de 20$ par personne.

Info pratique : pour ce long trajet de nuit depuis Quito, nous avons opté pour une compagnie réputée et fiable : Carlos Aray, qui assure des liaisons directes et sécurisées.

Notre pied-à-terre et le réconfort de l'estomac

Une fois dans le centre, nous sommes allés déposer nos sacs à l'hôtel Urban Colonial, une petite trouvaille où nous avons payé la modique somme de 10 euros la nuit.

Place ensuite aux choses sérieuses : le ventre ! Nous avons déniché la Picantaria Laurita, un petit restaurant familial et authentique qui existe depuis des générations.

On peut d'ailleurs y voir une vieille photo encadrée de la fondatrice, "La Tía", affichée fièrement au mur. Ici, la spécialité, c'est le poulet accompagné des fameux llapingachos (de délicieuses galettes de purée de pommes de terre fourrées au fromage et dorées à la poêle), le tout servi avec une petite salade.

Audrey a opté pour l'option sans viande, et la patronne s'est adaptée en lui servant un bel avocat à la place. L'hospitalité locale ne s'est pas arrêtée là puisque la dame qui gère le restaurant nous a fait goûter une petite assiette de maïs grillé (le fameux tostado). L'addition ? 7,50$ au total pour nous deux. Un régal absolu pour un budget minuscule !

Flânerie dans le "Cloître de l'Amérique" (classé à l'UNESCO)

L'estomac bien rempli, c'est parti pour l'exploration du centre colonial. Le centre de Quito a d'ailleurs été le tout premier site au monde à être classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1978. Contrairement à nos habitudes, nous avons choisi de ne faire aucune visite payante à l'intérieur des monuments ce jour-là. Nous avions en effet en tête de prendre le célèbre téléphérique (TeleferiQo) le lendemain matin, une activité qui coûte 9$ par personne.

Mais à Quito, que l'on surnomme souvent le "Cloître de l'Amérique" tant elle regorge d'édifices religieux, le simple fait de déambuler le nez en l'air est déjà une attraction extraordinaire ! Voici un petit tour de nos découvertes :

  • Le Monastère de Carmen Alto : Non loin de là, nous sommes passés devant ce monastère historique de religieuses carmélites. C'est un lieu emblématique car il a été construit sur l'ancienne maison de Mariana de Jesús, la toute première sainte de l'Équateur. Comme pour la majorité des édifices, nous avons simplement admiré ses murs d'angle et son architecture coloniale depuis la rue.

Le Monastère de Carmen Alto
  • La Place de l'Indépendance (Plaza Grande) et la Catedral Metropolitana : C'est le cœur historique de la ville. Sur cette place arborée se trouve la Cathédrale Métropolitaine (que l'on aperçoit à côté), l'une des plus anciennes d'Amérique du Sud. Au centre trône un immense monument dédié aux héros du "premier cri de l'indépendance" de 1809.

  • Le Palais de Carondelet (Palais présidentiel) : Toujours sur la Place de l'Indépendance, impossible de manquer le siège du gouvernement équatorien ! On le reconnaît facilement à sa longue façade blanche à arcades, élégamment surmontée d'une petite horloge et d'un immense drapeau de l'Équateur.

Le Palais de Carondelet (Palais présidentiel)
  • L'Église de Santo Domingo : Sur la très belle place du même nom, cette église reconnaissable à ses dômes se dresse fièrement. C'est un coin vraiment charmant pour se poser quelques instants.

Eglise de Santo Domingo
  • L'Église et le couvent de San Agustín : Une autre merveille architecturale du centre. C'est un lieu particulièrement symbolique puisque c'est à l'intérieur, dans sa "Sala Capitular" (salle capitulaire), qu'a été signée la fameuse charte d'indépendance dont nous vous parlons juste après ! Nous avons admiré sa belle façade, où le poids de l'histoire est palpable.

L'Église et le couvent de San Agustín
  • L'Église d'El Sagrario : Juste à côté de la Cathédrale se trouve cette magnifique église. C'est la grande exception de notre balade : nous y sommes entrés ! Comme son accès est gratuit, nous en avons profité pour admirer de l'intérieur sa superbe nef, sa coupole et ses détails baroques impressionnants, le tout sans écorner notre budget. Une très belle surprise !

  • La Basílica del Voto Nacional :

Impossible de la rater, c'est la plus grande basilique néo-gothique de toute l'Amérique ! Si elle rappelle Notre-Dame de Paris de loin, son originalité se trouve dans les détails : regardez bien, les gargouilles ne sont pas des chimères, mais représentent la faune équatorienne (tortues des Galápagos, iguanes, pumas, tatous).

La Basílica del Voto Nacional

Les grandes absentes de notre parcours

​Le centre historique est si riche qu'il est impossible de tout faire en une journée. Il y a d'ailleurs deux autres églises emblématiques que nous n'avons pas vues (ou pas pris le temps d'observer de près) : l'immense complexe de San Francisco (bien que nous soyons sortis du métro sur sa place) et la Compañía de Jesús (réputée pour son intérieur vertigineux entièrement recouvert de feuilles d'or). Une bonne excuse pour revenir un jour !

L'architecture coloniale colorée :

Entre les façades rouges flamboyantes, les murs roses, et les bâtiments d'un beau jaune ocre, le contraste est saisissant.

L'iconique façade jaune du English Bookshop

Les maisons républicaines restaurées, à l'image de l'Hotel El Relicario del Carmen, exhibent de superbes balcons fleuris en fer forgé.

Hotel El Relicario del Carmen

Les scènes de vie locale :

Les limpiabotas

Sous les arcades de la place, on croise une véritable institution locale : les limpiabotas (cireurs de chaussures). Il n'est pas rare de voir les Quiteños s'installer sur ces chaises surélevées pour lire leur journal tranquillement, pendant que l'artisan redonne une seconde jeunesse à leurs souliers.

Pourquoi une telle effervescence sur la Plaza Grande ?

Si le centre historique de Quito est toujours animé, la foule particulièrement dense que nous avons ressentie s'explique par notre date de passage ! Nous y étions en effet le 9 août, soit exactement la veille de la plus grande fête nationale de l'Équateur : le Jour de l'Indépendance (célébré le 10 août). La ville entière était donc en pleine effervescence pour les derniers préparatifs de ces grandes célébrations.

C'est aussi ce qui explique la présence militaire particulièrement visible autour du Palais de Carondelet. En temps normal, le palais est gardé en permanence par les "Granaderos de Tarqui". Il s'agit de l'escorte présidentielle, un groupe de cavalerie d'élite de l'armée équatorienne, avec leurs superbes uniformes d'inspiration française hérités du 19ème siècle. À la veille de la fête nationale, leur présence protocolaire pour garder le Président était forcément d'autant plus marquée !

Une belle mise en jambe urbaine, riche en histoire et en couleurs, avant de prendre de l'altitude demain matin avec le téléphérique !

Quito en bref : Histoire, chiffres et anecdotes

Avant de passer à la suite de nos aventures, on s'est dit qu'un petit point culture s'imposait. Parce que déambuler dans de belles ruelles, c'est bien, mais comprendre ce que l'on regarde, c'est encore mieux ! Voici tout ce qu'il faut savoir sur cette capitale fascinante :

Quelques chiffres et infos insolites

  • Une population imposante : Quito compte aujourd'hui près de 2,8 millions d'habitants. C'est une métropole vibrante, ce qui explique le fameux bain de foule que nous avons vécu ce samedi-là !

  • Le vertige des sommets : Perchée à 2 850 mètres d'altitude, c'est la deuxième capitale administrative la plus haute du monde, juste derrière La Paz en Bolivie. Autant dire que le souffle s'y fait parfois court lorsqu'on arpente ses ruelles en pente.

  • La forme de la ville : Le centre névralgique et moderne se trouve au nord, tandis que le centre colonial historique se situe plus au sud. Coincée au cœur de la cordillère des Andes, la ville a une forme extrêmement allongée : elle s'étire sur une plaine directement au pied du volcan Pichincha.

  • La reconnaissance mondiale : Le 18 septembre 1978, Quito a partagé un immense honneur avec la ville de Cracovie (en Pologne) : elles ont été les deux toutes premières villes au monde à être déclarées Patrimoine de l'humanité par l'UNESCO !

Un condensé d'histoire

  • L'époque précolombienne et les Incas : La zone où se trouve Quito est peuplée depuis au moins 900 ans avant J.-C. C'était à l'origine le territoire de la culture "quitus" (qui a logiquement donné son nom à la ville). À l'arrivée des Incas, la cité a pris une importance majeure jusqu'à devenir le second centre politique de leur vaste empire. L'avant-dernier empereur inca, Huayna Capac, y a passé la fin de sa vie. Son fils Atahualpa (le dernier empereur inca), qui y serait né selon la tradition équatorienne, en a fait la capitale de sa partie de l'empire.

  • Le drame de la conquête : Face à l'arrivée imminente des conquistadors espagnols, le général inca Rumiñahui a pris une décision radicale : il a préféré détruire entièrement la ville, ne laissant que des cendres, et cacher tous ses trésors pour que les envahisseurs ne trouvent absolument rien.

  • La période coloniale : La ville espagnole que nous avons visitée, "San Francisco de Quito", a été officiellement fondée sur ces ruines le 6 décembre 1534 par Sebastián de Belalcázar. Elle s'est rapidement imposée comme un joyau de l'architecture coloniale.

  • La marche vers l'Indépendance : Comme nous vous le disions plus haut, le 10 août 1809 a eu lieu la première proclamation d'indépendance (le "premier cri"). Il faudra cependant des années de lutte et attendre le 24 mai 1822 pour que Quito soit définitivement libérée des troupes royalistes espagnoles, grâce à la victoire du général Antonio José de Sucre lors de la fameuse Bataille de Pichincha.

L'ascension vers le TeleferiQo : entre pente raide et coup de chance !

Le lendemain matin, changement de décor : nous visons les sommets ! Nous avons pris un bus de ville en direction du fameux téléphérique (le TeleferiQo). Le trajet nous a coûté 0,70$ pour nous deux (soit 0,35$ par personne). Le bus nous a déposés en bas de la route d'accès. À ce stade, nous étions déjà bien montés en altitude, mais il restait encore un sacré morceau pour atteindre l'entrée officielle.

Info pratique : Depuis l'arrêt de bus, la route qui monte jusqu'aux guichets est particulièrement raide. À pied, il faut compter entre 20 et 30 minutes de marche assez exigeante avec le manque d'oxygène. Des taxis attendent souvent en bas et proposent de vous monter pour environ 1à 2$.

Bons marcheurs, nous avons commencé l'ascension à pied. Mais la chance était avec nous : un bus scolaire qui montait par là s'est arrêté à notre niveau pour nous proposer de monter à bord. Résultat : une montée sans effort et sans rien payer !

Bus scolaire

File d'attente et privilège du duo

Arrivés aux guichets, première étape : acheter nos billets, qui coûtent 9$ par personne.

Ensuite, nous avons découvert une attente beaucoup plus conséquente à l'extérieur pour réussir à embarquer dans une cabine. Après avoir patienté une trentaine de minutes, la chance nous a de nouveau souri ! Un membre du personnel s'est avancé dans la file : il cherchait uniquement deux personnes pour compléter une cabine sur le point de partir. Nous nous sommes immédiatement manifestés, ce qui nous a permis d'esquiver au moins 20 bonnes minutes d'attente supplémentaire. Ça a vraiment du bon de voyager à deux !

Une petite partie de la file d'attente

Sur le toit de Quito : choc thermique et vue imprenable

Une fois en haut, sur les flancs du volcan Pichincha (à près de 4 000 mètres d'altitude au niveau de Cruz Loma), l'ambiance change radicalement, à commencer par la météo. Nous sommes passés du combo short/t-shirt à l'obligation d'enfiler la doudoune !

Vue depuis le téléphérique.

Pour 1$, il est possible d'avoir accès à une petite zone spécialement aménagée avec des balançoires dans le vide et des décors pour faire de belles photos pour les réseaux sociaux. Fidèles à nous-mêmes, nous n'avons pas opté pour cette activité payante et avons préféré marcher un peu sur les sentiers pour rejoindre les différents points de vue naturels.

Zone payante à 1$

Et là-haut, le panorama se suffit largement à lui-même ! Voici ce que l'on peut y observer :

Au loin, la magie de la nature andine opère : un imposant sommet enneigé, tel que le majestueux volcan Antisana, perce l'épaisse mer de nuages.
Une vue panoramique à couper le souffle (dans tous les sens du terme à cette altitude !) sur la capitale équatorienne.
  • La ville tentaculaire : On prend vraiment conscience de la forme unique de Quito. Depuis ce belvédère, la capitale ressemble à un immense serpent urbain qui s'étire tout en longueur dans l'étroite vallée andine.

  • L'Avenue des Volcans : Si le ciel est dégagé, c'est un point de vue exceptionnel sur les sommets mythiques de la cordillère des Andes. On peut y admirer plusieurs géants aux neiges éternelles, comme l'imposant Cotopaxi, l'Antisana ou le Cayambe qui se dessinent à l'horizon.

  • Le páramo et le volcan Rucu Pichincha : On se retrouve plongés dans la végétation typique des hautes altitudes andines (le páramo). Pour les plus sportifs, le sommet du téléphérique est d'ailleurs le point de départ du fameux trek qui grimpe jusqu'au sommet du Rucu Pichincha, à près de 4 700 mètres !

Dans les hauteurs du páramo, avec Quito en contrebas.

Bain de foule du samedi et départ vers la côte

De notre côté, après en avoir pris plein les yeux sans faire la grande randonnée, nous avons repris le téléphérique dans l'autre sens, puis un bus de ville pour redescendre vers le centre de Quito (0,75$ pour nous deux).

En rejoignant notre hôtel à pied, nous avons pu mesurer l'ampleur des célébrations du week-end de l'Indépendance. Ce samedi-là, Quito était littéralement bondée ! Il y avait du monde à tous les coins de rue, une quantité impressionnante de vendeurs ambulants, des animations de partout... une véritable effervescence festive.

Nous avons mangé sur le pouce dans une petite boulangerie locale, puis nous sommes rentrés à l'hôtel pour nous poser. Deux heures de repos bien méritées avant de récupérer nos sacs, de refaire le chemin en métro jusqu'au terminal de bus de Quitumbe, et d'embarquer à 19h pour notre bus de nuit.

Bus de nuit Quito -> Puerto Lopez

Adieu les sommets andins, direction l'air marin de Puerto Lopez !

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Commentaires (2)

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IL

Isabelle Lecomte

Toujours aussi captivant, merci beaucoup de prendre le temps de nous faire partager votre aventure 😘🥰

4P

4 pieds sur terre

AUTEUR

Merci ❤️ La suite arrive très vite !